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Expositions

VALEUR
11 janvier au 17 mars 2012

Artistes :  Cooke-Sasseville (Québec), Antoni Muntadas (New York), Red Channels (New York), Anton Vidokle & Julieta Aranda (New York/Berlin), WochenKlausur (Vienne, Autriche)

Commissaire : Vicky Chainey Gagnon

Vernissage :  mercredi, le 11 janvier 2012 de 17 h à 19 h

Causerie avec la commissaire et le duo d'artistes Cooke-Sasseville à 18 h

L’exposition est produite par la Galerie d’art Foreman avec la contribution financière du Conseil des arts du Canada.

Le projet d’exposition Valeur porte un regard critique et artistique sur le climat économique actuel et la manière dont les politiques qui le façonnent sont mises en œuvre. Des changements paradigmatiques on lieu depuis le début des années quatre-vingt-dix, ceux-ci incluent une croissance exponentielle du marché de l’art, autant à la verticale qu’à l’horizontale, en terme d’expansion géographique. Ce marché d’art qui prend de l’expansion s’avère avoir une influence culturelle et n’est pas sans conséquences, il semble résulter d’une idéologie néolibérale qui a modifié la puissance de l’art sur la carte du monde.

L’exposition Valeur rassemble plusieurs œuvres contemporaines qui incluent une panoplie de formes et de techniques faisant référence aux interactions des institutions artistiques avec leur contexte. Quelques artistes dans l’exposition explorent l’idée de notre relation quotidienne avec la politique dans le cadre du système institutionnel, tandis que d’autres artistes vont dans les rues pour observer l’économie à-travers les grèves, protestations et autres actions concrètes du vingt-et-unième siècle. 

Communiqué de presse

Essai de la commissaire

Time Bank Communiqué de presse

http://artlab.ubishops.ca

L'art de Cooke-Sasseville (Jean-François Cooke et de Pierre Sasseville) est empreint d'un humour tantôt absurde, tantôt cinglant et parfois franchement cynique. Par des thématiques proches de nos préoccupations quotidiennes – quête du bonheur, relations amoureuses, sexualité –, leurs œuvres convoquent l'ordinaire et le banal, mais prennent souvent forme dans une facture et des mises en scène nettement surréalistes. Ainsi des installations aux éléments de dimensions démesurées ou des ménageries de poules orange, de chat et d'éléphant roses font-elles partie de l'univers loufoque des artistes. Avec cette touche de provocation qui les distingue si bien, Cooke-Sasseville ont notamment traité de la mort dans une allée de quilles (Aller simple, 2006), conçu des structures auto-érotiques (Le confessionnal, 2002, L'envie, 2003) ou fabriqué en série des sexes suintant ou giclant des fluides (Le mur des lamentations, 2003, Silence on coule, 2005). À travers ces œuvres, le duo pointe du doigt divers comportements communément acquis, voire banalisés, dans la société occidentale. Ainsi, l'installation Silence on coule proposait des pénis et des vulves en céramique éjaculant du pétrole sur un autel entouré de slogans publicitaires qui associent des caractéristiques humaines (robustesse, sexualité, arrogance...) à celles d'une voiture, tandis que Le Nouveau Monde – un enclos abritant des animaux de ferme entièrement recouverts de maïs soufflé – nous rappelait les excès de l'industrie agro-alimentaire, dont la très controversée production d'éthanol de maïs. Si nous pouvons rire aux éclats en côtoyant les œuvres de Cooke-Sasseville, nous constatons rapidement qu'un sens plus inquiétant se dissimule derrière la porte du confessionnal ou dans une brouette remplie de pop-corn. Cooke-Sasseville aiment jouer sur les limites, quelles qu'elles soient, et tentent par le fait même d'y conduire le public. Volontairement paradoxales, leurs installations nous placent inévitablement dans des situations ambivalentes, où le confort se mêle à l'inquiétude, où la critique sociale se fait par le divertissement, où des attitudes ludiques et une insouciance apparente dévoilent un questionnement d'une extrême lucidité. En 2003, le duo a gradué de l’Université Laval – École des arts visuels avec chacun une Maîtrise en art

Muntadas est né en 1942 à Barcelone, Espagne, mais il se partage avec New York, où il vit depuis 1971. Il a fait ses études en architecture à l’Université de Barcelone où il a obtenu une maîtrise à la Escuela Tecnica Superior Ingenieros Industriales (école technique en ingénierie industrielle) à Barcelone et a également étudié au Pratt Graphic Center à New York.  Antoni Muntadas bâti son travail grâce à plusieurs médiums, soit par la photographie, la vidéo, la publication, l’Internet, l’installation multimédia et l’intervention sociale (urbaine). Avec ses divers projets, Muntadas évoque des problématiques sociales, politiques et de communication, mais également la relation entre l’espace public et privé dans un cadre social. Il s’intéresse aussi à l’enquête des chaînes d’informations et à la façon dont elles sont utilisées pour censurer et promouvoir certaines idées. En faisant l’action de "lire entre les lignes" on peut déchiffrer le sens d’une interprétation subjective et objective des langages médiatiques et visuels. C’est ainsi que l’artiste analyse le processus de consommation d’informations, lequel est médiatisé et manipulé pour des raisons de pouvoir, propagande et profit. Il critique l’envahissement du marketing, des stratagèmes publicitaires incrustés dans la politique, l’art et la culture à-travers son travail qui porte souvent un caractère de transposition sur les formats de mass-médias et des contextes incluant le World Wide Web, les palmarès et les sites publics.  Muntadas a enseigné et dirigé des conférences dans de nombreuses institutions à-travers l’europe et les États-Unis. Il a reçu de nombreux prix, lauréats et bourses de la part de la Solomon R. Guggenheim Foundation; Rockefeller Foundation; National Endowment for the Arts; New York State Council on the Arts; Ars Electronica, Linz, Austria; Laser d'Or, Locarno, Switzerland, and the Premio Nacional de Artes Plásticas. Son travail a été exposé dans de nombreux musés, dont The Museum of Modern Art, New York; Berkeley Art Museum, California; Musée Contemporain de Montreal; Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid; Museo de Arte Moderno, Buenos Aires; Museu de Arte Moderna, Rio de Janeiro, and Museu d'Art Contemporani de Barcelona (MACBA), Barcelona. D’autres événements internationaux présentant ses œuvres incluent les Biennales de Vénice, Sao Paulo, Lyon, Taipei, Gwangju et la  Havane. Il a également participé à la 51ième édition de la Biennale de Venise (2005), où il présentait On Translation: I Giardini at the Spanish Pavilion.

Red Channels est un collectif ouvert qui tient des rencontres hebdomadaires pour discuter et planifier des événements et projets. Ils ont organisé des projections et des groupes de discussions  à des endroits tels le Anthology Film Archives, BAMcinematek, Bluestockings, The Brecht Forum, e-flux, Flux Factory, Maysles Cinema, 92Y-Tribeca, OKK/Raum29, 16Beaver, Spectacle Theater, and UnionDocs. En 2011 le collectif a voyagé à Berlin, Chicago et San Francisco. Ils ont produit 8 courts métrages ainsi que 5 publications, à la fois sur papier et enligne, provenant de matériel original et d’autres sélections. Leur travail a été présenté au  B_Books, The Brecht Forum, Brooklyn Community Access Television, Flux Factory, International House Philadelphia, Manhattan Neighborhood Network, MassArt, MoMA PS1, New Nothing Cinema, 92Y-Tribeca, Philadelphia Community Access Media, La Plaza Cultural de Armando Perez, Spectacle Theater et en Allemagne de l’Ouest.

Anton Vidokle est né à Moscou et s’est établi au États-Unis en 1981, il réside maintenant à New York et Berlin. Ses œuvres ont été exposées lors d’événements tels la Biennale de Venise; Biennale de Lyon; Biennale de Dakar; Biennale de Lodz; au Tate Modern à Londres; Moderna Galerija, Ljubljana; Musée d’art Moderne de la Ville de Paris; Museo Carrillo Gil, à la ville de Mexico; UCLA Hammer, L.A.; ICA, Boston; Haus Der Kunst, Munich; P.S.1, New York; parmi d’autres. Accompagné de Julieta Aranda il a organisé e-flux video rental, qui a dailleurs parcouru plusieurs institutions, par exemple, Portikus, Frankfurt; KunstWerk, Berlin; Extra City, Antwerp; Carpenter Center, Harvard University, Cambridge, MA; et autres. En tant que fondateur et directeur d’e-flux, il a présenté des projets tels que The Next Documenta Should Be Curated By An Artist, Do it, Utopia Station poster project et a organisé An Image Bank for Everyday Revolutionary Life ainsi que le Martha Rosler Library. Vidokle a conçu un projet recherche sur l’éducation comme instigateur de l’art en tant que commissaire collaborateur dans Manifesta 6, qui fut cancellé. Pour répondre à cette cancellation, Vidokle a mis sur pied un projet indépendant nommé  Unitednationsplaza, basé à Berlin. Projet d’une envergure de douze mois impliquant au-delà d’une centaine d’artistes, écrivains, philosophes ainsi qu’une vaste audience. Le programme UNP comprend de nombreux séminaires, conférences, projections, présentations littéraires et autres projets.  

Julieta Aranda est née à Mexico en 1975 et partage maintenant son temps entre New York et Berlin. Son travail multidimensionel propose de nombreux thèmes incluent des mécanismes de circulation et l’idée de la “poésie de circulation”; le sujet politisé ou la possibilité d’une subjectivité politique; la perception et l’usage du temps ainsi que notre pouvoir sur l’imaginaire. Les projets prennent la forme de média d’impression, d’installation, de vidéo et d’organisation communautaire. En tant que directrice adjointe avec Anton Vidokle à e-Flux, elle a développé les projets Pawnshop (présentement à Beijing),  e-flux video rental, ce projet a commencé dans le magasin e-Flux à New York en 2004 et a depuis a été présenté dans plus de quinze pays à travers le monde. En 2006, Julieta Aranda a obtenu une maîtrise en Beaux Arts au  Columbia University School of the Arts à New York. Son travail a été exposé à l’international dans des institutions telles le Solomon R. Guggenheim Museum (2009), endroit ou elle a été la première à présenter en solo dans la série d’expositions “Intervals”; Kunstverein Arnsberg (2010), MOCA Miami (2009), Witte de With (2010), Museum of Contemporary Art de Chicago (2007), 2ième  Biennale de Moscou (2007), MUSAC Espagne (2006) et VII Biennale en Havane (2000) et autres.

Le groupe d’artistes WochenKlausur intervient dans la société depuis 1993. Ce concept d’intervention est souvent utilisé, comme dans tous types de changements, surtout depuis que son usage vit une popularité grandissante dans le domaine de l’art au cours des dernières années. Suite à l’invitation d’institutions artistiques, l’artiste développe et propose des manières de combler les déficits socio politiques (concrètement, mais à petite échelle). Dans un contexte où plusieurs artistes du vingtième siècle avaient trouvé leur rôle au sein de la société, WochenKlausur trouve à travers l’art l’opportunité d’atteindre des objectifs d’amélioration sociale à long terme. Les compétences généralement utilisées par les artistes  dans leurs démarches de création artistiques en quête de nouvelles solutions prennent souvent la forme de transformations d’objets, or celles-ci peuvent bien s’appliquer à d’autres niveaux dans la société, comme par exemple en écologie, en éducation, en urbanisme. Partout nous nous retrouvons face à des problèmes qui ne peuvent être réglés par des méthodes conventionnelles et c’est pourquoi ceux-ci s’apprêtent bien aux démarches artistiques. En théorie, il n’y a pas de différence entre l’artiste qui fait de son mieux en peignant des tableaux et celui  qui résous des problèmes sociaux avec des barèmes clairement définis. Comme pour le peintre qui a déterminé ces objectifs, la tâche se doit d’être bien précise dans les deux cas. C’est pourquoi le travail d’intervention dans le domaine de l’art ne peut être efficace que lorsque le problème initial a été clairement établi.