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Expositions

Tisser l'existant
Du 13 janvier au 12 mars 2016

Artiste: Giorgia Volpe

Commissaire: Carl Johnson

Vernissage: mercredi le 13 janvier 2016, de 17h à 19h

Opuscule

Communiqué de presse

 

CETTE EXPOSITION SERA EN TOURNÉE:

23 mars 2016 - 29 mai 2016: l'Université Mount Saint Vincent

9 juin 2016 - 7 janvier 2017: Musée du Bas-Saint-Laurent

 

L’exposition Tisser l’existant regroupe des œuvres conçues par Giorgia Volpe sur une période de quinze ans et met en lumière l’approche personnelle de l’artiste. La production de Volpe présentée ici joue à la fois de la performance, de l’art action, du dessin, de la sculpture, de la photographie, de l’installation et de la vidéo d’art. L’exposition fait valoir ces différentes pratiques tout en traçant un premier bilan de la carrière de l’artiste. En outre, Tisser l’existant témoigne d’un parcours animé par une volonté d’établir des relations entre l’inerte et l’existant, entre l’artiste et la société, entre l’art et la vie.

Giorgia Volpe adopte souvent une approche suscitant la relation et le dialogue par différentes modalités. Ses créations, à la fois interventions éphémères, prestations publiques, et œuvres d’atelier plus intimes et indépendantes du contexte public, invitent à porter un autre regard sur ce qui est là, sur ce qui existe déjà. Elles sont un moteur de la transformation et du détournement, tant de la matière utilisée que des éléments contextuels et environnants avec lesquels elles dialoguent. En fait de matières, Volpe s’intéresse particulièrement aux nombreux résidus, surplus et restes de production qui se retrouvent généralement dans les écocentres et les lieux d’enfouissement. Par exemple, les supports publicitaires que sont affiches et bannières, les imprimés comme les revues ainsi que les retailles de tissus sont autant d’éléments qu’elle valorise dans ses œuvres.

Si Giorgia Volpe s’intéresse à ces matières, c’est qu’elles sont des manifestations matérielles de l’existant et qu’elles ont une vie antérieure à celle qu’elle-même leur confère en les transformant, en les détournant de leur usage reconnu et en les plaçant au service de l’œuvre. Par ce déplacement ressortent également le contenu et les informations que les matières originales diffusent ou propagent. Ceux-là se trouvent alors intégrés aux créations réalisées par leur concours. Tous les textes, dessins, éléments graphiques et photographies présents sur les supports qu’elle utilise, contribuent à la complexité de la trame sémantique des œuvres et de ce qu’elles portent à présent comme potentiel dans leur forme remaniée.

Pour les tissus, c’est l’histoire de leur propre matérialité, de leur fabrication et de leur transformation qui se trouve intégrée aux œuvres. Leur réutilisation – nous dirions plutôt leur mise à contribution – traduit la complexité des communications et des multiples réseaux que nous entretenons individuellement et collectivement. Cette modalité d’usage réitère l’importance du « tissé serré », expression populaire décrivant le contexte de certaines familles, et du « tricoté serré » qualifiant parfois la société québécoise.

Le recours à ces nombreux matériaux ajoute une épaisseur à la densité des significations que peuvent prendre les œuvres. Utilisées telles quelles, transformées ou détournées, juxtaposées ou assemblées, les matières instillent leur propre existence au sein d’une nouvelle manifestation formelle.

Penser l’existant, c’est aller à la rencontre de l’autre, de ce qu’il est, de ce qu’il produit. C’est aussi interagir et explorer la vie, dans l’espace partagé de la ville, des différents lieux et contextes d’intervention. Plusieurs performances, actions et interventions de Giorgia Volpe sont conçues selon cette approche.

Tisser, tricoter, assembler, voilà autant de gestes qui mettent en relation différentes matières et divers contextes, qui les structurent selon de nouveaux préceptes afin qu’ils entament une mutation. Volpe a souvent recours au tissage pour élaborer ses œuvres. Ce  procédé traverse toute sa production. Le croisement des matières agit comme métaphore des relations humaines complexes et met en évidence les multiples réseaux essentiels à l’action humaine. Le tissage agit également comme rappel de l’existant au sein des nombreuses structures où il se manifeste. La fibre sous toutes ses formes – papier, plastique, matière recyclée ou textile – participe au sens des œuvres sculpturales ou bidimensionnelles.  Ainsi, nous remarquons comment les entrelacs et les marques scripturales reflètent pleinement son approche artistique.

L’artiste considère que chaque matière recèle une mémoire, qu’une histoire s’y trouve pétrifiée. Son geste consiste à saisir l’informe pour le transformer, ou à l’ériger en objet transitionnel, transactionnel ou qui suscite la relation expérientielle. Elle intègre souvent les objets au corps humain, à son corps, dès leur conception. Parfois par leur échelle, mais aussi par leur potentiel à habiller ou à accueillir le corps, à en être une extension. C’est naturel pour Volpe, car le performatif est au centre de sa pratique. Elle crée d’ailleurs des œuvres ouvertes sur les communautés dans lesquelles elle intervient; elle les souhaite collaboratives et en symbiose avec le contexte d’accueil.

Concevoir une exposition bilan du travail de Giorgia Volpe relève du défi, car l’artiste réalise peu d’œuvres « finies » : elles se présentent souvent dans un état temporaire et elles vivront des transformations qui les feront muter en d’autres apparitions. L’artiste aime revisiter ses créations et les modifier au fil de sa réflexion et des rencontres qui en font surgir de nouvelles apparences et significations. Ce renouveau se veut très conséquent de l’approche de la performance, un art du mouvement.

Proposer une lecture de « ce qui est là » dans la création de Giorgia Volpe, tel est notre objectif. Ce temps d’arrêt, conceptualisé par cette exposition, permet un certain recul et offre une perspective sur la trajectoire de cette artiste aux multiples talents dont les œuvres, dans leur état actuel, ne montrent qu’un état temporaire d’un processus en constante évolution.

(Carl Johnson, commisaire)

Biographie de l'artiste

Née à São Paulo (Brésil) Giorgia Volpe vit et travaille à Québec depuis 1998. Artiste multidisciplinaire, elle est titulaire d’un baccalauréat en arts visuels de l’Université de Sao Paulo et d’une maîtrise à l’Université Laval Elle a réalisé des nombreuses expositions, interventions publiques ainsi que des résidences d’artistes au Brésil, à Cuba, au Canada, aux États-Unis, au Mexique et en Europe, notamment à Résonance de la Biennale de Lyon 2011, MNBAQ, Orange 2012, Biennale Internationale de Design de St-Étienne en France, Centre VU, Fonderie Darling, Sagamie, Bande Vidéo, Symposium de Baie St-Paul 2013, Manif d'art de Québec 2005, 2012 et 2014, Symposium International Art Nature les Jardins du précambrien, BACC à Bangkok, entre autres. Ses oeuvres intègrent des collections d’art  public et privé au Brésil, au Mexique, en France et au Canada. 

Biographie du commissaire:

Carl Johnson est commissaire indépendant depuis mars 2010. À ce titre, il réalise le commissariat d’expositions et d’événements pour des institutions muséales et des organismes artistiques. Il a été directeur général du Musée régional de Rimouski de 1999 à 2008. Il a aussi agit comme conservateur en art contemporain de 1994 à 1999 au même musée. De 1988 à 1993, il était coordonnateur à la production à La Chambre blanche. Au cours de sa carrière, Carl Johnson a réalisé plusieurs expositions et participé à la production de nombreux catalogues d’exposition. Il a reçu du soutien financier du Conseil des arts du Canada.

 

Une production de la Galerie d'art Foreman avec le soutien du Conseil des arts du Canada et la Ville de Sherbrooke.